Journée porte ouverte – Site d’enfouissement EMTA Guitrancourt

VEOLIA a créé SARP Industries (SARPI) il y a près de 50 ans pour traiter et valoriser des déchets dangereux et des sites pollués.

L’entreprise a pour mission de maîtriser les risques environnementaux et sanitaires liés à tout type de déchets dangereux :

  • Quel que soit le risque du déchet : inflammable, toxique, corrosif, cancérogène, écotoxique, comburant…
  • Quelle que soit la forme des déchets : solides, boues, liquides, pulvérulents, gaz, fûts, petits conditionnés…

La maîtrise du « risque déchet » intègre l’ensemble de la chaîne de traitement et de valorisation jusqu’au stockage des déchets ultimes.

On appelle « déchet ultime » tout déchet « résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux ». (Code de l’Environnement)

Le pôle de Gestion des Déchets Minéraux & Aménagement (GDMA) de SARPI-VEOLIA est habilité à recevoir des déchets ultimes sur ses Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Le pôle est présent sur 7 sites répartis sur tout le territoire français et prend en charge les déchets ultimes dangereux et non dangereux dans le respect le plus strict des réglementations en vigueur.

Depuis 40 ans, le site EMTA de Guitrancourt gère 720 000 T/an de déchets autorisés dont :

  • 200 000 T/an de déchets dangereux,
  • 220 000 T/an de déchets non dangereux,
  • 50 000 T/an de terres dangereuses,
  • 200 000 T/an de terres non dangereuses,
  • 50 000 T/an de déchets du BTP.

Les déchets dangereux sont :

  • les boues minérales,
  • les déchets à radioactivité d’origine naturelle,
  • les résidus d’incinérateurs d’ordures ménagères ou de déchets dangereux,
  • Les imbrulés d’incinérateurs (mâchefers) de déchets dangereux,
  • les déchets contenant de l’amiante intègre (fibrociments), non intègre (flocages) ou du plomb (peintures),
  • les terres, bétons et matériaux pollués issus de chantiers de dépollution.

Les déchets non dangereux sont :

  • Les refus de déchetterie non valorisables,
  • Les encombrants,
  • Les déchets de chantiers,
  • Les déchets d’activité économique triés.

Le processus de prise en charge du déchet ultime est le suivant :

Etape 1 de Caractérisation
Le déchet est caractérisé chimiquement et mécaniquement pour statuer sur son éligibilité au stockage sur le site.

  • Les analyses d’échantillons sont réalisées dans un laboratoire du site sur des échantillons de déchets que le client fait parvenir à l’avance.
  • Une analyse complète dure 5 jours et se base sur plusieurs techniques dont :
    • La « lixiviation » qui permet de reproduire la dissolution par eau de pluie qui se produira lors des années de stockage : ajout d’eau, agitation 24h, filtration et analyse,
    • L’extraction par pression à chaud (percolation) qui permet d’analyser les hydrocarbures,
    • La distillation qui permet d’analyser les composés volatiles,
    • La spectrométrie, chromatographie, l’Induction Couplée Plasma … qui complètent les analyses.
  • Les produits non éligibles au site sont réorientés vers des filières de stabilisation et/ou de traitement plus adaptées. Qu’ils soient dangereux ou non, certains déchets restent en effet interdits sur le site par arrêté préfectoral, ils sont alors réorientés vers d’autres sites et les autorités informées demandent alors des comptes pour éviter que le déchet ne se perde dans la nature…

Etape 2 d’Admission
Le chargement de déchets est contrôlé administrativement, visuellement et analysé rapidement (lixiviation 10′) via plusieurs prélèvements d’échantillons. Sa radioactivité est également vérifiée lors de l’entrée des camions.

Etape 3 d’Orientation

  • Les polluants du déchet doivent obligatoirement être stabilisés avant son stockage souterrain en cas de dépassement des seuils d’acceptation.
  • Les déchets non dangereux ou n’ayant pas besoin de stabilisation sont stockés directement.
  • Le stockage se fait dans de grands casiers étanches, appelés également « alvéoles », creusés dans le sol, mesurant plusieurs dizaines de mètres, en hauteur, largeur & profondeur et sécurisés comme suit :
    • Une première barrière passive constituée de 5 mètres d’argile de très faible perméabilité (10^-9 m/s),
    • Une seconde barrière active constituée d’une géomembrane étanche en PEHD de 2mm,
    • Un géotextile de protection,
    • Un complexe drainant en partie inférieure pour récupérer les « lixiviats »,
    • D’une fermeture supérieure étanche aux caractéristiques identiques (argile et géomembrane)

Une fois l’alvéole refermée, après une dizaine d’années de remplissage, le site la surveille pendant 30 ans, draine régulièrement ses « lixiviats », son méthane et valorise sa surface. La première alvéole du site a été fermée en 1984, elle est désormais inerte. La nappe phréatique sous le site est analysée régulièrement, yc par un laboratoire indépendant.

En surface, le site de Guitrancourt développe différents projets :

  • Favorisant la biodiversité : création de mares et de bosquets à proximité, de prairies à fauchage tardif, nichoirs, plantations de miscanthus, expériences concluantes de culture hors sol. Les plantes à grandes racines qui risqueraient d’endommager l’étanchéité souterraine sont prohibées.
  • Favorisant les énergies renouvelables : création d’une ferme photovoltaïque en projet

Une fois collecté dans les alvéoles, le biogaz, résultant des déchets non dangereux organiques, est séché, désoufré puis utilisé pour produire localement de l’électricité et de la chaleur, permettant notamment de traiter les lixiviats directement sur le site. En ordre de grandeur, la production électrique équivaut à la consommation annuelle de 1200 personnes.

Les lixiviats représentent 25 000 m3/an et s’accumulent par gravité dans la partie inférieure des alvéoles. Ils résultent principalement des infiltrations des eaux de pluie qui tombent en surface durant les années de remplissage, car la couverture provisoire de l’alvéole ne protège pas totalement de la pluie. Dans une moindre mesure, ils proviennent également de l’humidité intrinsèque des déchets. Une fois l’alvéole refermée, la production de lixiviat finit bien sûr par s’arrêter. Ces liquides très toxiques sont traités par chaleur et osmose inverse: 80% du lixiviat est évaporé, les 20% de « concentrats » restants sont stabilisés à Limay avant traitement comme déchets ultimes.

Les terres et matériaux pollués issus de chantiers de dépollution ou de dragages de sédiments sont caractérisés puis :

  • Valorisés en graves ou en terres fertiles après criblage/concassage et d’éventuels biotraitements (injection d’oxygène pourtransformer les hydrocarbures en  C02 et H2O) pour des usages de nouvelles construction, d’aménagements urbains ou de sous-couches routières.
  • Ou bien éliminés en stockage, en incinération ou en traitement thermique.

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