SERD 2022 – Nous avons visité le Relais Val de Seine à Chanteloup-les-Vignes

Si vous avez vu le Reportage “Sur le front : que deviennent nos vêtements” de Hugo Clément, vous vous posez désormais des questions sur les containers à vêtements dans lesquels vous déposiez jusque-là vos vieux vêtements. Nous aussi. 

Nous sommes allés visiter le Relais Val de Seine à Chanteloup les Vignes et avons posé des questions précises. Voici ce qu’il en est.

Economie circulaire, environnement et réinsertion

Implantée à Chanteloup les Vignes depuis 1994, le Relais Val de Seine est notre antenne locale du Relais (le Relais France, leader Français, collecte 1800 tonnes de textiles chaque semaine soit 55% de la collecte Française et emploie 160 personnes dont 100 en réinsertion). Sa mission est de récupérer textiles et chaussures usagées, de les trier et de les revendre, chaque centime généré étant réinvesti à des fins de lutte contre l’exclusion.

Les matières collectées peuvent être :

  • réutilisées en l’état pour être revendues à prix bas dans l’une des 8 boutiques Ding Fringue de notre secteur (6% du volume total) ou pour partir à l’export (51% du volume total)
  • être recyclées (40% du volume total), par exemple transformées en Métisse, un isolant thermique et acoustique à base de jeans usagés
  • être revalorisées énergétiquement (incinération pour production de chaleur, 3% du volume total)
Présentation de la filière du Relais – Relais Val de Seine

Les vêtements donnés au Relais Val de Seine finissent-ils dans l’océan ou dans des décharges ?

La fin de vie des vêtements calamiteuse présentée dans le reportage d’Hugo Clément est une réalité, elle est mondiale et malheureusement reconnue. Si certains acteurs Français y contribuent, Le Relais à toujours eu un mode de fonctionnement responsable permettant de contrôler toute la filière et éviter ce genre d’écueil. 

Premièrement, on observe que Le Relais travaille avec plusieurs pays bénéficiaires dont le Ghana ne fait pas partie. Par ailleurs, voici les deux points principaux qui marquent la différence du Relais par rapport à ses concurrents :

  • Le Relais Val de Seine a implanté des Relais locaux en Afrique pour maîtriser l’ensemble de la filière. Les vêtements réceptionnés par les Relais Burkina Faso, Madagascar et Sénégal sont re-triés et revendus localement. Les bénéfices permettent de faire grandir d’autres activités au profit de l’économie locale comme le maraîchage et l’apiculture.
  • Le Relais Val de Seine exporte une catégorie de vêtements (« le mêlé ») qui est pré-trié en France et répond à un cahier des charges précis (des vêtements légers) afin que les vêtements envoyés puissent tous être reportés. C’est un choix fort et spécifique au Relais
  • Le Relais Val de Seine audite ses clients africains pour vérifier que leurs pratiques répondent aux valeurs du Relais. 

Dans ce contexte, le dépôt des textiles et chaussures usagés en borne du Relais Val de Seine est une solution à privilégier à la mise au rebus. Ce geste simple assure une seconde vie aux matières collectées qui entrent dans une filière contrôlée.

Que faire de mes vêtements et chaussures usagés ?

On le sait, le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Il en va de même pour le textile. Mais on peut changer de taille, et là, le changement n’est pas une option. 

Tout comme nous sommes responsables de nos déchets (cette idée pourtant bien réelle a besoin de progresser dans nos sociétés, c’est un fait), nous sommes responsables de nos choix quant à la “sortie” de nos anciens vêtements.
Maîtriser leur devenir est important pour s’assurer qu’ils ne partent pas en direction d’un océan ou d’une filière obscure. Dès lors, privilégiez la revente (Vinted, Leboncoin, brocantes, vides-dressing, …) pour assurer une nouvelle vie à vos vêtements.

Ensuite, vous pouvez également recourir au don : groupes locaux de prêt, de don ou d’échanges sur les réseaux sociaux, associations de proximité (secours catholique, restos du coeur, …), etc.

Enfin, s’il n’est pas possible de donner ou revendre directement les pièces dont vous souhaitez vous séparer, alors les bornes du Relais Val de Seine sont à votre disposition et constituent une alternative de confiance.

Quels sont les textiles collectés par le Relais Val de Seine ?


S’il est primordial de lire et de respecter les consignes présentes sur les bornes avant tout, voici à titre d’information une liste des pièces acceptées :

  • vêtements, 
  • linge de lit, 
  • couettes, 
  • chutes de couture, 
  • couvertures, 
  • accessoires

SERD 2022 – Que deviennent vraiment nos anciens vêtements ?

Vous ne regarderez plus jamais les vêtements de la même manière, que ce soit chez vous ou dans les magasins.

L’avènement du vêtement jetable

Nous fabriquons 114 milliards de vêtements par an (dont 2,3 milliards de jeans), soit 14 vêtements par an et par habitant. Cela représente 1 milliard 700 millions de tonnes de CO2, soit le double de tous les avions de ligne. Nous pourrions également évoquer la pollution de l’eau à la production, le recours massif aux pesticides, les microparticules libérées à chaque lavage, etc. Les quantités produites explosent littéralement sur fond de fast et d’ultra fast fashion qui lancent de nouvelles collections chaque semaine et incitent toujours plus à la consommation, mais la qualité, elle, diminue au point d’en arriver à produire des vêtements jetables, osons le dire.

Moins de 1% des vêtements recyclés pour en faire de nouveaux

Toujours plus beaux, toujours plus tendance, toujours moins cher mais des conséquences catastrophiques sur l’environnement. Nous achetons 40% de vêtements en plus qu’il y a 15 ans, mais leur usage a diminué d’un tiers (source : Ademe) et leur qualité ne leur permet plus de durer dans le temps.
Forcement, de tels volumes annuels ont d’énormes répercussions massives sur l’environnement. Forcément, nous croulons sous les vêtements, finissons par devoir nous en débarrasser et ne savons pas quoi en faire. Hors, moins de 1% des tissus qui composent nos vêtements sont recyclés pour en faire de nouveaux (source : Ademe).

Alors : que deviennent nos vêtements ? Profitent-ils à des personnes dans le besoin ? Sont-ils recyclés ? Finissent-ils brûlés ou pire, dans les océans ?

Le journaliste Hugo Clément a investiguer pour répondre à cette question : que devienne nos anciens vêtements que nous rapportons en magasin ou que nous déposons dans des bornes de collecte ?
Son reportage ne traite donc pas d’un autre grand problème : les millions de vêtements produits mais non utilisés donc abandonnés, jetés, brulés…).

Découvrez comment (et où) nos vêtements terminent leur carrière en regardant ce documentaire édifiant et qui nous concerne toutes et tous, sans exception aucune. Un « must see » que tout le monde devrait avoir vu au moins une fois.



SERD 2022 – Astuces pour réduire sa consommation de textile

L’industrie textile est l’une des plus polluantes du monde. Alors comment faire pour réduire sa consommation de textile ? Voici nos astuces !

Tout d’abord se poser la question, « Ai-je vraiment besoin de cet énième tee-shirt ? », en utilisant la méthode BISOU :

  • B comme en ai-je Besoin ?
  • I comme en ai-je besoin Immédiatement ?
  • S comme est-ce que je n’ai pas quelque chose de Semblable/Similaire ?
  • O comme quelle est l’Origine de ce produit/vêtement
  • U comme est-ce vraiment Utile ?

Le fait de se poser ces questions permet parfois de modérer ses élans de consommation. Tout est très bien expliqué dans ce livre “L’abus de consommation responsable rend heureux !” qu’on peut se faire prêter, acheter d’occasion, emprunter en médiathèque ou encore acheter chez son libraire du coin.

Notre carte des bonnes adresses est également à disposition ici. N’hésitez surtout pas à l’alimenter. Il s’agit de retrouver nos commerces de proximité, et côté vestimentaire, ce n’est pas le choix qui manque ! La ressourcerie d’Ecquevilly, Emmaüs à Bougival, le Relais Val de Seine…

La seconde main est de plus en plus populaire auprès des consommateurs.
D’ailleurs nous remarquons que de plus en plus d’enseignes proposent ces alternatives.
https://secondevie.decathlon.fr/
https://www.okaidi.fr/idtroc-4
etc…

Les plateformes de seconde main sont de plus en plus nombreuses.
https://www.label-emmaus.co/fr/
https://www.vinted.fr/
https://www.leboncoin.fr/
https://fr.vestiairecollective.com/
https://www.ebay.fr/
https://www.selency.fr/

Sans oublier les groupes de Dons et Trocs sur Facebook, comme le groupe local Dons / Prêts / Echanges sur Verneuil/Vernouillet/Les Mureaux, qui compte plus de 1200 membres !

Plus original encore, d’autres entreprises, comme Petit Bateau, ont elles choisi de proposer un service de location de vêtements, sous forme d’abonnement. Une nouvelle façon de consommer…

SERD 2022 – Chiffres chocs de l’industrie textile

Cette année, la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets a pour thème le Textile. 

Ce thème a été choisi car l’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde. Elle émet plus de gaz à effet de serre que les vols internationaux et le trafic maritime réunis (1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an).

La production mondiale de vêtements a doublé entre 2000 et 2014.

Rien qu’en France, ce sont 9,5 kg par habitant et par an de TLC (Textiles d’habillement, Linge de maison et Chaussures) mis sur le marché. 

La quantité d’eau nécessaire à la fabrication d’un jean est équivalente à 285 douches

Le lavage des vêtements synthétiques génère une pollution des océans, sous forme de microplastiques, estimée à 500 000 tonnes par an, soit l’équivalent de plus de 50 milliards de bouteilles en plastique. 

Pour en savoir plus sur les enjeux environnementaux et sociaux liés à l’industrie textile, puis trouver des conseils utiles pour mieux choisir et entretenir les vêtements, nous vous recommandons la lecture du guide complet de l’ADEME “Le revers de mon look”, disponible en téléchargement gratuit. Ce livret est aussi disponible en version papier pour nos adhérents, sur simple demande.

Nous vous conseillons également le plaidoyer pour plus de sobriété, de Julia Faure, créatrice de la marque Loom, dont voici un extrait :

La seule vraie solution, c’est la sobriété : il faut consommer moins de vêtements. Si l’on veut diviser par trois l’impact carbone du secteur textile, il faut au moins diviser par deux la production – et la consommation – de vêtements. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de ne plus s’habiller, mais simplement de revenir au niveau de consommation en France dans les années 1980, autrement dit à un niveau de consommation qui ne serait plus de l’ordre du gaspillage. Et pour cela, il faut des lois qui alignent tout le monde vers cet objectif.”

[Annonce] Jeu – Ma Petite Planète Junior

Forts de notre participation à 2 sessions du jeu Ma Petite Planète (version adulte), dont la dernière que nous avons remportée, nous invitons les enfants de la Petite Section à la 3e à venir jouer à la version junior du jeu Ma Petite Planète. 

Ma Petite Planète, c’est quoi ? 

– Une aventure écologique collective, en équipe, qui s’étale sur 3 semaines. 
– Une quarantaine de défis, du plus facile au plus difficile, pour tous et sur des thématiques diverses (mobilités, zéro-déchets, énergie, bilan carbone, alimentation, etc….)
– Une association qui vise à sensibiliser et à faire passer à l’action un maximum de personnes pour la préservation de la planète.

L’objectif du jeu? 

Valider un maximum de défis bonus en faveur de la planète parmi les 40 proposés et éviter un maximum de défis malus parmi ceux proposés. Pour chaque défi, des ressources sont proposées pour aider à sa réalisation.
Les défis sont adaptés à chaque tranche d’âge et touchent tous les domaines de la vie quotidienne. Par exemple : ramasser un déchet n’importe où et le jeter dans la bonne poubelle, cuisiner des légumes avec un membre de ton entourage, fabriquer / réparer un objet soi-même ou aller le faire réparer…
Pour vous faire une idée, voici la vidéo résumant la dernière édition scolaire.

Ce jeu se déroulera pendant 3 semaines, du 14 novembre au 5 décembre. L’équipe sera constituée de 10 à 40 joueurs, de la Petite Section à la 3e.

Si votre enfant participe à l’édition scolaire de novembre avec sa classe, il n’est pas nécessaire de l’inscrire avec Les Ecolibris-Rive Gauche.

Pour participer au sein de l’équipe des Ecolibris-Rive Gauche, envoyez-nous un message à l’adresse : zerodechet@lesecolibrisrivegauche.org. Nous vous attendons nombreux !